Quand on pense Madagascar, on imagine d’abord les lémuriens, les baobabs et les plages. Et c’est vrai que tout ça existe. Mais la grande île offre aussi des opportunités économiques bien réelles, surtout quand on creuse du côté de la région d’Anôsy, à l’extrême sud-est. C’est là que se trouve Ehoala Park, une zone industrielle qui coche des cases que beaucoup de zones franches africaines ne peuvent même pas aligner. Alors, pourquoi investir ici plutôt qu’ailleurs ? Regardons ça de près.
Une plateforme logistique qui tient la route
Le premier argument, et pas des moindres, c’est la position géographique. Fort-Dauphin dispose d’un aéroport international à quelques minutes du parc industriel. Mais le vrai bijou, c’est le Port d’Ehoala, deuxième port en eaux profondes de l’océan Indien, construit entre 2006 et 2009 pour un investissement de 145 millions de dollars, livré dans les temps et sous le budget prévu.
Ce port est certifié ISO 9001 et 14001, il répond aux normes ISPS de sûreté maritime, et il se trouve sur l’une des routes maritimes internationales les plus fréquentées. Avec la saturation progressive des ports régionaux (Tamatave, Durban, Maurice), Ehoala Port est en train de devenir une alternative crédible. Les tarifs sont compétitifs par rapport à tous les ports de la zone — un argument de poids quand on fait du commerce international.
Un cadre fiscal avantageux
La zone franche malgache offre des conditions intéressantes : exonérations douanières, allègements fiscaux sur les importations de matériel et de matières premières, et un régime douanier simplifié. Combiné au coût attractif du foncier — 1,1 USD/m²/an pour les terrains d’Ehoala Park — le retour sur investissement peut être rapide pour les entreprises qui savent s’implanter.
Énergie propre, eau disponible, coûts maîtrisés
C’est souvent le point noir des zones industrielles africaines : l’électricité coupée aléatoirement, des groupes électrogènes qui tournent au gasoil, des surcoûts qui bouffent les marges. À Ehoala Park, la donne est différente. L’électricité est fournie directement par Rio Tinto à partir de sources renouvelables. Le parc solaire d’Ehoala (8 MW en première phase, 14 640 panneaux) inauguré en 2024 sous le patronage du président de la République en personne, alimente déjà la zone. L’eau est aussi fournie à des tarifs très compétitifs.
Quand l’énergie est fiable, prévisible et compétitive, toute la chaîne de production respire mieux.
Une main-d’œuvre à valoriser
La région d’Anôsy compte une population jeune, dynamique, avec un taux de chômage qui pousse à la formation accélérée. Les investisseurs qui acceptent de former leurs équipes locales trouvent des collaborateurs motivés, et les coûts salariaux restent bien en dessous des standards mauriciens ou sud-africains. L’État malgache et ses partenaires (Banque mondiale, USAID, PNUD) proposent des mécanismes de financement pour les PME et les startups : FIEM, MIARY, Mitsiry, Pitch Challenge, Fiharianna. De quoi alléger le besoin en fonds propres au démarrage.
Des secteurs porteurs
L’agro-industrie, la logistique, les énergies renouvelables, l’exploitation minière responsable (graphite, ilménite), la transformation des produits de la mer, le tourisme — Anôsy a du potentiel dans plusieurs filières. Le programme One District One Factory (ODOF) pousse justement dans cette direction : implanter une usine de transformation par district pour capturer la valeur ajoutée localement, au lieu d’exporter des matières premières brutes.
C’est le genre d’opportunité qui ne se présente pas tous les jours : un parc industriel flambant neuf, un port moderne, une énergie verte, des incitations fiscales, et une région qui a soif de décoller économiquement. Les investisseurs qui regardent vers l’océan Indien feraient bien de s’arrêter sur Fort-Dauphin.
